SYNDICAT CNI

Syndicat Des Professionnels de Santé

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16178863 10154979361306306 3770696209566526672 oLettre ouverte au Président de la République du 31 janvier 2017

Vous, MONSIEUR le futur ex-Président, vous venez d'inaugurer au CHU de Poitiers la magnifique structure régionale CCV, fleuron d'un établissement géré avec exemplarité.
Pour vous, MONSIEUR le futur ex-Président, nous, soignants, avons dû réorganiser nos activités de soins et, comme les patients d'ailleurs, nous avons dû nous adapter à votre venue. Des consultations ont dues être annulées et des examens complémentaires reportés... Certaines familles n'ont pas pu visiter leurs proches...
Pour vous, MONSIEUR le futur ex-Président, la direction vous a épargné la visite de la chambre 13 car ça porte malheur. Quant aux soignants, Monsieur le futur ex-président, ils ont dû changer certains patients de chambre pour ne garder que les moins malades d'entre eux et les plus présentables. Ainsi, les vrais patients qui n'allaient pas bien ont été déplacés... juste pour vous Monsieur le futur ex-président !
Pour vous, MONSIEUR le futur ex-Président, des agents ont changé leur planning pour effectuer du grand ménage et faire en sorte que votre visite soit des plus agréables. D'autres ont fait des heures supplémentaires ou annulé leurs vacances...
Pour vous, MONSIEUR le futur ex-Président, l'équipe de peintres est venue rafraichir certains couloirs pour ne pas heurter votre sensibilité.
Vous, MONSIEUR le futur ex-Président, vous avez imposé les mesures de sécurité indispensables à votre fonction et avez ainsi bloqué l'accès aux parkings pendant 2 jours. Sachez que les difficultés de stationnement habituelles nous suffisaient amplement. Les forces de l'ordre étaient omniprésentes. Merci pour les renforts mais, pour la sécurité des soins, nous avons surtout besoin de soignants, pas de CRS !
Vous, MONSIEUR le futur ex-Président, vous avez ainsi remercié la Direction Générale du CHU de Poitiers qui réalise, avec zèle, une partie de ses excédents financiers sur le dos de ses agents en bloquant leur avancement. Et oui, derrière la vitrine se cache une toute autre réalité.
Vous, MONSIEUR le futur ex-Président, vous avez déclaré qu'il faut continuer à faire de la santé une priorité pour les français. Par contre, il faudrait que la santé des soignants devienne également une priorité pour tous les politiques dont vous faites partie.
Vous, MONSIEUR le futur ex-Président, vous êtes venu en compagnie de votre ministre de la santé qui n'a fait aucune annonce en faveur des personnels soignants et qui a toujours refusé de les recevoir. Aurait-elle peur de se confronter à la misère des soignants ?

Pour faire « joli », MONSIEUR le futur ex-Président, vos conseillers sont venus chercher des soignants en tenue dans les services (et donc au travail !) pour mettre des « taches » de couleurs à vos côtés sur les photos. Les soignants vous remercient pour le qualificatif et, pour mettre « l'accent », vous précisent que la « tâche » est aussi un travail qui n'a rien de fictif. Les soignants ne font pas dans la figuration.
Pour nous, soignants, MONSIEUR le futur ex-Président, vous n'aurez donc rien fait pendant votre mandat pour améliorer notre quotidien, bien au contraire... Si la France est bien en état d'urgence, notre système de santé est quant à lui en soins palliatifs ! Vous avez raison, Monsieur le futur ex-Président, laissons à présent mourir les soignants dans l'indignité.
Au fait, Monsieur le futur ex-Président, ne seriez-vous pas déconnecté de la réalité ? Alors que l'argent public est compté, que les soignants se serrent la ceinture... Pouvez-vous nous dire combien a coûté cette mascarade ?
Veuillez recevoir, Monsieur le Président de la République, l'expression de mon profond respect.
Christian TRIANNEAU
Président du syndicat CNI de Poitiers et de la Vienne

16178863 10154979361306306 3770696209566526672 oCommuniqué de Presse du 27 janvier 2017

Tout ça pour ça ?

Dans la continuité des actions engagées depuis le 14 septembre 2016, le syndicat CNI poursuit son combat pour la reconnaissance des professionnels de santé et l'amélioration des conditions d'exercice afin d'optimiser la qualité des soins et en garantir la sécurité.

La venue du Président de la République au CHU de Poitiers a été une nouvelle occasion d'exprimer les revendications et les attentes concernant notamment les conditions de travail, la formation et les salaires.
Un déplacement très encadré où les grands moyens sont donnés pour assurer la sécurité, mais, hélas, aucun renfort dans les effectifs soignants. En effet, les « braves petits soldats » du CHU de Poitiers ont reçus pour consignes de retirer des poches de leurs blouses leurs précieux outils de travail tels les ciseaux et ont été mis à contribution pour œuvrer à faire place nette pour la visite médiatique et changer des patients de chambres...
Le syndicat CNI a demandé audience et a été reçu par Madame Nathalie DESTAIS, conseiller du pôle des politiques publiques en charge de la protection sociale et de l'autonomie au cabinet de François Hollande, accompagnée de Madame JUNQUA, directrice adjointe de l'ARS Nouvelle Aquitaine. Si l'Elysée reconnaît lors de cet échange « les efforts énormes et sans précèdent » supportés par les personnels des établissements hospitaliers ces dernières années, il ne répond pas pour l'instant à la demande de moyens permettant d'améliorer réellement leur quotidien.
Le déplacement présidentiel a par ailleurs été l'occasion d'un point d'étape de la Grande Conférence de Santé. A l'instar de nombreuses organisations professionnelles de la filière infirmière et alors que le dialogue semblait se construire avec le cabinet de Madame TOURAINE suite aux dernières manifestations, le syndicat CNI déplore cette mise à l'écart pour ces présentations.
Bien loin des apparences et bien ancré dans les réalités de terrain du quotidien soignant, le syndicat CNI se voit donc contraint à poursuivre les actions car nier les problèmes n'a jamais été porteur de solutions.

Nathalie DEPOIRE
Présidente de la CNI
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