SYNDICAT CNI

Syndicat Des Professionnels de Santé

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img14Marseille, le 19 septembre 2018

LETTRE OUVERTE A : Monsieur Emmanuel MACRON, Président de la République.

 

Monsieur le Président de la République,
Après de longs mois d'attentes, c'est avec la plus grande attention que, à l'instar de nombre de soignants et d'usagers, nous avons écouté votre discours présentant la réforme à venir de notre système de santé.
Nous avons bien pris acte de l'expression de votre gratitude exprimée au nom des français. Pour nous qui sommes à leur contact au quotidien, elle n'est pas une surprise mais il est vrai qu'entendre ces mots résonner au plus haut niveau de l'état est inhabituel, appréciable et apprécié.
Vous annoncez un changement de paradigme, un changement majeur de l'envergure des ordonnances Debré portant création des CHU, avec la volonté d'un système centré sur le patient et ses besoins s'organisant autour de communautés professionnelles territoriales de santé.
Si nous partageons la perspective d'une réforme qui concerne l'ensemble du système de santé et l'importance du travail en collaboration, nous avons bien du mal à identifier la place que vous donnez aux soignants. Certes, vous semblez nous faire toute confiance pour demeurer de « braves petits soldats » et évoquez, très succinctement, des revalorisations à venir.
Il est certain que nous pouvons et ce, sans rougir, très légitimement demander des augmentations afin d'avoir enfin des salaires en adéquation avec nos compétences et nos responsabilités. Plus prégnante, sans aucun doute la revalorisation de nos contraintes hospitalières. Pour exemple, la prime de nuit à l'hôpital est actuellement de 1,07€ brut de l'heure et ce, pris en compte sur 9 heures, indépendamment de nuits de travail réalisées en 10 ou 12 heures, alors même que les frais de garde d'enfants correspondant seront nettement plus élevés.
Nous n'avons pas manqué de noter dans vos propos que vous aviez été attentif à nos argumentaires puisque vous avez énoncé un diagnostic partagé notamment concernant le mal-être soignant et la notion de perte de sens...

Notre déception est d'autant plus vive que les mesures pour y remédier rapidement sont absentes.
Oh nous sommes lucides et nous n'attendions donc pas de merveilles, nos espoirs étaient minces mais de là à les réduire ainsi à néant...
Quitter le « tout » curatif pour un système résolument orienté vers le préventif est une orientation pertinente mais la centrer essentiellement sur les médecins n'est-il pas une erreur stratégique ?
226 000 médecins, 660 000 infirmiers,
Une répartition médicale inégale sur le territoire,
Une répartition infirmière normée et de fait plutôt uniforme,

Malgré cet état de fait, vous présentez une réforme médico-centrée...

Vous créez un nouveau métier, des assistants médicaux pour les médecins généralistes qui accepteront de se regrouper mais le vrai problème ne se situe-t-il pas justement là où il n'y a pas ou plutôt plus de médecin ?
Ceux-là avec qui se regrouperont-ils ? Qu'est ce qui viendra persuader les médecins de s'installer dans les régions désertées par la profession ? Visiblement, vous poursuivez le choix, pourtant sans résultat, de vos prédécesseurs : il faut inciter et ne pas obliger, cette dernière option retenue pour les infirmiers n'est encore pas d'actualité pour le corps médical...
Des assistants médicaux qui viendront les décharger... mais nul doute que vous aurez des candidats à ces postes, Monsieur le Président, ce sont des centaines de soignants qui se désespèrent dans les couloirs des hôpitaux et des EHPAD, qui n'ont plus aucun sens à leur travail, qui jour après jour, bafouent leurs valeurs les plus profondes. Vous les verrez très vite les candidats, ils traverseront la rue pour venir chercher un nouvel emploi qui leur redonnera peut-être envie de se lever le matin et de croire encore que leur travail peut être épanouissant, reconnu et valorisé !
Et à tous ceux qui resteront à leurs postes, qui s'accrocheront désespérément à leur espoirs, qui continueront à s'user la santé pour prendre en charge celles de leurs concitoyens, qui voudront croire encore un peu qu'un jour vous ouvrirez les yeux sur leurs souffrances et leur tendrez la main, à tous ceux-là que leur dites-vous ?
Nous vous avons bien entendu répéter encore et encore qu'il faut libérer du temps médical, certes, mais quand donnerez-vous aux infirmiers et aux aides-soignants les moyens d'en retrouver pour pouvoir travailler dans le respect de leurs valeurs et en sécurité ?

Aux hospitaliers, vous annoncez une future gouvernance avec un pilotage médical et une CME qui doit peser dans les décisions... N'auriez-vous pas oublié dans votre propos, vous qui souhaitez mettre en avant le collectif, d'associer la représentation soignante hospitalière avec sur un même niveau les décisions de la CSIRMT ?

Pour les EHPAD, votre discours cite une augmentation pour les aides-soignants de ce secteur : dont acte, reste à connaître le montant de cette hausse. Mais cette augmentation ne serait-elle pas justifiée pour tous les aides-soignants ? Par ailleurs, ne pensez-vous pas que des moyens supplémentaires pour mettre en adéquation les effectifs à la charge en soins et rendre ainsi possible une prise en charge de qualité des résidents seraient également amplement justifiés ?

Très brièvement évoqué lors de votre discours, le champ de la psychiatrie et de la santé mentale requiert également des mesures d'urgence. Nous prenons acte, néanmoins, très favorablement de l'annonce par la voix de notre ministre, Madame Buzyn, de l'extension de la formation des Infirmiers de Pratique Avancée à la psychiatrie dès 2019.

Ce 18 septembre, vos annonces tant attendues n'augurent pas de réelles perspectives de changements avant plusieurs années.
Ne soyez donc pas surpris, Monsieur le Président, si vous voyez les soignants « un beau matin, fatigués, aller s'asseoir sur le trottoir d'à côté », trop usés de vous avoir envoyé des messages que vous vous évertuez à ne pas entendre !

A vous, qui annoncez un changement d'une envergure équivalente aux « ordonnances DEBRE » portant création des CHU, au nom des professionnels de santé que nous représentons, nous demandons instamment, Monsieur le Président, de reprendre votre prescription. Les « ordonnances MACRON » doivent impérativement intégrer des mesures d'urgences et des moyens supplémentaires à ceux annoncés.

Comptant sur votre volonté à prendre soin de chacun, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, nos respectueuses salutations.

Nathalie DEPOIRE
Présidente du Syndicat CNI

pdf lettre :

ide marmiteCommuniqué du 13 septembre 2018

 

Une rentrée sous tension...

Un été caniculaire !

La surchauffe des services n'a pas été générée uniquement par la météo ! La hausse des températures s'est surajoutée aux difficultés préexistantes. Et si la présence répétée de Madame Buzyn dans les médias a atteint l'objectif de rassurer les citoyens, elle a exaspéré plus d'un soignant. Les professionnels de santé ont en effet entendu une nouvelle négation de la galère du quotidien "tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien." La réalité de nombreux services et notamment d'urgences a été la chaleur, les salles d'attentes encombrées, l'incessante difficulté à trouver des lits d'hospitalisation pour les patients. La grande majorité des services de soin a également souffert de la situation avec des charges de travail toujours plus lourdes auxquelles se sont ajoutées les difficultés à obtenir des ventilateurs, des brumisateurs et les moyens humains pour veiller à l'hydratation.

Les EHPAD qui souffrent depuis trop longtemps ont dû gérer au mieux les prises en charge et les nécessaires mesures de prévention pour faire face aux fortes chaleurs. Tout cela dans un contexte de pénurie de personnel, liée aux contraintes budgétaires imposées et à l' absentéisme qui ne fait qu'augmenter l'épuisement des forces « vives » sur le terrain.

 

« Veuillez patienter votre interlocuteur est indisponible... »
Alors que les alertes se multiplient que les personnels à bout ne savent plus comment se faire entendre, à l'autre bout du fil pas de réponse...Certains établissements en mouvement depuis des semaines attendent toujours que leur ministre daigne leur accorder un peu d'attention. Faudra-t-il une occupation de tous les toits de France pour qu'elle les entende ?
Le secteur de la psychiatrie, particulièrement éprouvé, multiplie les appels à l'aide avec la lutte et le campement de nos collègues de Pinel qui fait figure de "porte - étendard" mais la ministre reste muette...

 

Des annonces, toujours des annonces
Annoncée, reportée, ..., aux dernières nouvelles la réforme du système de santé "salvatrice" devrait nous être présentée par le Président de la République le 18 septembre... L'impatience croît parmi les professionnels de santé et nul doute que nombre d'usagers seront également très attentifs car ils subissent fortement les carences et dysfonctionnements actuels pour eux-mêmes et/ou leurs proches.

 

PLFSS, réforme du système de santé, Réingénieries de formation ...
Autant de "dossiers chauds" de rentrée qui conjuguent une inquiétude commune : seront-ils à la hauteur des enjeux ?

Face au vieillissement de la population et à l'explosion des maladies chroniques, la santé est en état d'urgence, le manque de moyens humains et matériels ainsi que la perte de sens au travail engendrent de plus en plus d'épuisement professionnel, le danger est omniprésent pour les soignants en détresse tant en terme de responsabilités professionnelles que de santé.

Au-delà de la refonte annoncée, il est impératif de prendre des mesures immédiates d'accompagnement à la mise en œuvre pour sécuriser l'exercice professionnel, la santé des patients et celle des soignants !

A l'heure où la notion de Santé au travail est sur les lèvres de tous, y compris de notre Premier Ministre suite au rapport LECOCQ, les soignants sont dans l'attente de mesures concrètes. Cela devient urgent pour leur propre santé.

Le syndicat CNI exige notamment une mise en adéquation des effectifs aux charges de travail réelles ainsi que la mise en place immédiate d'actions d'amélioration de la qualité de vie au travail.

Assez de blabla et d'annonces d'annonces, si les actes ne sont pas au rendez-vous, le syndicat CNI engagera les professionnels de santé et les usagers à la mobilisation...

 

Nathalie DEPOIRE
Présidente
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Lien PDF :

ehpadCommuniqué du 31 mai 2018

Prise en charge du vieillissement : Un début de réponse ?

Le discours de clôture de la Ministre des Solidarités et de la Santé, lors de la journée des départements de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie, a été l’occasion de présenter sa feuille de route pour relever le défi de la prise en charge du vieillissement à court et moyen terme…
 
Après les multiples alertes médiatisées et les mobilisations répétées, le dossier de presse ministériel qui met en exergue un diagnostic partagé, notamment concernant les chiffres clés présentés, pose les grandes lignes des mesures à venir…
 
Notre organisation note plusieurs éléments de réponses importants tels la notion de prévention de la perte de l’autonomie, l’attention portée aux aidants, l’annonce du lancement d’un plan métier et compétences, l’objectif de développer les soins sur les lieux de vie, le renforcement des équipes mobiles de gériatrie.
 
Le syndicat CNI prend acte de la volonté affichée d’augmenter le nombre de soignants exerçant en EHPAD par l’accélération de la montée en charge de la réforme de la tarification des soins dans ces établissements qui était programmée jusqu’en 2023 en rapprochant le terme à 2021. Ce qui constitue un effort supplémentaire de 143 M€ qui s’ajoute aux 217 M€ déjà prévus sur la période, soit au total 360 M€ de 2019 à 2021.
 
Par ailleurs, nous accueillons très positivement la décision de sécuriser les prises en charges nocturnes en EHPAD par une présence infirmière accrue (budget affiché : 36 M€ dont 10 M€ en 2018, 10 M€ en 2019 et 16 M€ en 2020). Nous avons cependant de fortes réserves au regard de la volonté de définir ces postes infirmiers par des astreintes mutualisées entre plusieurs établissements d’un même territoire. En effet, cette définition pourrait d’une part rapidement se révéler insuffisante face à la croissance du niveau de dépendance des résidents et d’autre part générer des difficultés de recrutement.
 
La feuille de route pose également l’annonce de la réouverture des travaux de réingénierie de formation des aides-soignants suspendus depuis de longs mois puisqu’elle précise que les référentiels d’activités, de compétences et de formation de ces derniers seront revus d’ici mars 2019.
 
Plusieurs points positifs donc, ce qui acte une réelle avancée mais ce dialogue qui s’ouvre doit se poursuivre pour permettre à la fois de garantir l’adéquation des moyens alloués aux besoins réels, mais aussi de promouvoir une attractivité vers les professions incontournables comme infirmières, aides-soignants, assistants en gérontologie par la reconnaissance des contraintes (prime de nuit, dimanches et fériés, de la pénibilité avec la bonification au 1/5ème et des compétences par des revalorisations salariales).
Le syndicat CNI reste donc néanmoins très vigilant sur le suivi et la mise en oeuvre de cette feuille de route et appelle les professionnels à rester mobilisés pour garantir une prise en charge décente de nos aînés.
Nathalie DEPOIRE,
Présidente du Syndicat CNI
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lettre T rectoProfessionnels de santé et si vous sollicitiez directement votre président de la République ?
Depuis plusieurs années, de fortes contraintes économiques pèsent sur les établissements publics induisant une forte dégradation de nos conditions de travail. Nombre de professionnels décrivent une perte de sens, une course à l’acte imposée et le sentiment d’être des pions ballottés allègrement au gré des besoins de remplacement, au mépris de l’expérience et des compétences.
Depuis de trop longs mois, le malaise hospitalier croît et les blouses blanches souffrent en silence dans l’indifférence générale…
Suite à la forte médiatisation du S.O.S lancé en septembre 2016 par le syndicat CNI, Marisol TOURAINE, alors Ministre de la Santé, avait présenté sa stratégie « d’amélioration de la qualité de vie au travail » en décembre 2016. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?
Si le terme QVT apparait dans certaines réunions ou certains écrits, et notamment pour répondre aux exigences de la Haute Autorité de Santé, sur le terrain, force est de constater l’absence d’amélioration.
Si ses discours confirment « un système à bout de souffle », notre actuelle Ministre de la Santé le Pr Agnès BUZYN nous demande avant tout… de nous réorganiser ! Bref, rien de bien nouveau car, cet air là, nous le connaissons par coeur, nous les hospitaliers. Point d’amélioration donc mais plutôt de nouvelles dégradations !
En effet, si un changement de gouvernement pouvait nous donner l’espoir… la réalité du quotidien n’en témoigne pas... loin de là ! Mais, aux difficultés viennent s’ajouter les multiples attaques contre le Service Public et les agents de l’Etat :
  • gel du point d’indice,
  • recul du PPCR (revalorisations annoncées et reportées),
  • suppressions de postes,
  • atteintes aux instances CAP et CHSCT,
  • suppression des prestations CGOS ( adoption, naissance, décès) et retrait annoncé des prestations maladies et retraite
Professionnels de santé, nous ne pouvons pas rester silencieux en regardant le nombre de départ se multiplier (départ de la Fonction Publique, changement de profession, abandon des études, suicides…).
Le syndicat CNI vous invite à découper la carte T en bas de page, à la compléter de vos noms, prénoms, profession, numéro de département et signature. Vous pourrez ensuite la déposer à vos représentants CNI pour envoi groupés ou la poster sans l’affranchir.
Quelques minutes de votre temps pour exiger avec le syndicat CNI :
  • de redonner vie aux soignants,
  • la définition des compétences (IDE, AS, ASH …) en adéquation avec la charge de travail,
  • l'attribution de fonds permettant aux établissements de soins la mise en place d’effectifs proportionnels aux charges de travail, le remplacement de l’absentéisme ainsi que la gestion des postes aménagés,
  • une légitime revalorisation de nos compétences et responsabilités,
  • une hausse de notre pouvoir d’achat qui ne fait que diminuer,
  • une augmentation de nos primes. La continuité de service exige une présence 24h/24 et 7j/7. La prime de nuit actuelle ne correspond même pas à la majoration de la facture pour les frais de garde génèrés par les nuits effectuées.
Le Syndicat CNI