SYNDICAT CNI

Syndicat Des Professionnels de Santé

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compressNAT 5Marseille, le 2 novembre 2016
LETTRE OUVERTE à :

Monsieur François HOLLANDE, Président de la République
Monsieur Manuel VALLS, Premier Ministre
Madame Marisol TOURAINE, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé

L'ensemble de la communauté des soignants de France s'indigne du peu d'égard que vous lui témoignez !

Durant ces deux dernières décennies, les conditions de travail de tous les professionnels de santé se sont détériorées de manière progressive puis accélérée. Votre quinquennat n'a pas échappé à la règle et a confirmé que la santé n'était pas l'une des priorités de la classe politique.

Aujourd'hui, de plus en plus de soignants se trouvent en situation de profonde souffrance au travail.

La majorité d'entre eux ressentent un fort sentiment d'abandon, pris entre les recommandations et le manque de moyens donnés pour les atteindre, tout en étant en première ligne, au chevet des patients. Votre politique et celle de vos prédécesseurs en sont clairement responsables. Depuis le plan Hôpital 2007 et l'instauration de la Tarification à l'Activité (T2A), les conditions de prise en charge des patients se sont encore plus dégradées, en milieu hospitalier, mais plus généralement tout au long du parcours de soin. Les mesures successives de restrictions budgétaires conduisent, depuis longtemps déjà, à décentrer les soins du patient pour une politique de gestion purement pécuniaire.

 

Priorité est ainsi donnée aux actes tarifés au détriment de la dimension humaine du soin. Cette gestion exclusivement comptable est délétère à l'exercice de nos missions de prévention et d'éducation mais elle est surtout économiquement incohérente. En effet, ne pas prendre en compte les causes de l'augmentation des absences dans les établissements de soins présente un coût non négligeable. Ne pas concerter les infirmiers et ne pas leur donner les moyens d'exercer pleinement leurs compétences dans le champ de la prévention est également une perte financière.

 

Le plan triennal d'économie lancé par Madame Touraine, à savoir l'amaigrissement de 3 milliards d'euros du budget des hôpitaux, a amplifié le malaise, la dégradation des conditions de travail et de prise en charge. Mais plutôt que d'être attentive aux incidences, notre ministre de tutelle dresse fièrement un bilan chiffré, positif selon elle, mais contestable et contesté par ailleurs.

 

Aux interpellations des professionnels de santé, suite aux suicides médiatisés cet été, vous avez, Madame TOURAINE, après un long silence répondu par des annonces de plan à venir sur la prévention des risques psychosociaux, puis d'amélioration de la qualité de vie au travail. Mais, tandis que les mesures concrètes se font attendre, vous poursuivez votre communication chiffrée. Vous affirmez au micro de RMC que les infirmiers ont été augmentés de 250 à 500 € puis, sur BFM TV, vous annoncez la hausse des salaires et des recrutements dans la fonction publique. N'est-ce pas un mensonge par omission Madame TOURAINE ? Pourquoi n'avez-vous pas évoqué la conversion des primes en points d'indices expliquant cette pseudo revalorisation mais qui ne traduira pas de majoration de nos revenus mensuels ?

Pourquoi ne parlez-vous pas du nombre de demandes de disponibilités qui explose dans la fonction publique ? Pourquoi ne parlez-vous pas du nombre croissant de soignants qui quittent le secteur hospitalier pour s'installer, au mieux, en libéral et tenter d'exercer dans des valeurs qui leurs sont chères, au pire, pour se reconvertir ? Vous gardez sous silence le fait que ces embauches sont essentiellement des contrats temporaires qui augmentent la précarisation et qui ne permettent pas d'atteindre l'équilibre si l'on considère le nombre de départs et d'absences.

 

Cette communication de hausse salariale menée de manière à discréditer les demandes est incohérente à plus d'un titre. Elle vient d'une part exacerber le manque de reconnaissance perçu par les soignants (déjà fortement sous rémunéré au regard de leurs niveaux d'études), de compétences et de responsabilités mais elle souligne, d'autre part, l'absence de considération des usagers du système de santé français qui constatent très concrètement les carences, les subissent et qui se trouvent donc également en attente de réponses.

La vérité, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, c'est que le régime drastique dans lequel vous plongez le système de santé met en péril de nombreuses vies, celles de soignants et celles de patients.

 

Vous êtes, jusqu'ici, restez sourds à nos demandes répétées. Le 8 novembre prochain aura lieu à Paris une grande manifestation de tous les soignants, à l'appel notamment de 18 organisations professionnelles syndicales et associatives de la profession infirmière. Les professionnels contraints de travailler pour maintenir la continuité des soins arboreront un brassard de solidarité au mouvement de grève et nous avons bien l'intention de faire entendre notre colère. Face à ces contraintes subies, trop de soignants ne se reconnaissent plus dans leur métier, dans les modalités d'exercice de leur profession.

 

Vous constaterez par ailleurs avec les pétitions mises en ligne sur les sites mes opinions.com et change.org, suite à la mobilisation initiée par la CNI le 14 septembre 2016 (cf images et texte joints), l'expression de près de 45 000 personnes, soignants, soignés, futurs patients qui, comme nous, ne veulent pas assister à la carcinogénèse du système de santé.

Nous demandons des actes, des moyens, des effectifs adaptés à la charge de travail permettant de garantir la qualité et la sécurité des soins.

Nous revendiquons plus de reconnaissance pour ceux qui, quotidiennement, sont là pour les autres et que vous reléguez au second plan.

Désormais, votre politique de santé doit changer.

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre et Madame la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, dans l'attente réaffirmée d'une réponse concrète et l'espoir que vous aurez à cœur de prendre en considération nos demandes, veuillez agréer nos respectueuses salutations.
Nathalie DEPOIRE
Présidente du Syndicat CNI

Capture écran pétitions mes opinions.com

Capture écran pétitions change.org

Lien pdf lettre ouverte

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