Actu

Malaise à l'hôpital : lettre ouverte à Marisol Touraine

None

Marseille le 1er juillet 2016

Lettre ouverte à Madame Marisol TOURAINE,
Ministre des Affaires Sociales et de la Santé
Madame la Ministre,
Depuis de longs mois, nous vous interpellons, vous ainsi que vos services, au sujet du mal-être des soignants qui s'amplifie dans un contexte de restrictions budgétaires, face à la multiplication des injonctions contradictoires, à la mobilité à outrance à la polyvalence imposée et aux conditions de travail de plus en plus dégradées.
Beaucoup d'hôpitaux, contraints par des Contrats de Retour à l'Equilibre Financier, par les baisses successives de l'ONDAM, par le plan d'économie triennal sont obligés de trouver des solutions d'économie. Cette gestion expose trop souvent les personnels à un exercice imposé en inadéquation avec leurs valeurs professionnelles. Nous en sommes donc là, trop de situations décrites et vécues par nos collègues relèvent de la maltraitance de soignants. Que dire de la qualité des soins et des prestations hôtelières apportées aux usagers ?
Depuis de longs mois, nous sommes dans l'attente de mesures concrètes pour faire face à l'urgence et prendre en compte ces cris d'alarme. En retour, les seuls éléments de réponse évoquent un renforcement des mutualisations de moyens et, encore et toujours, des économies à réaliser.
Suite aux suicides de nos collègues infirmiers, survenus le 13 juin à l'Hôpital de Rangueil de Toulouse et le 24 juin au groupe hospitalier du Havre, nous souhaitons attirer votre attention sur plusieurs points :

  • selon les premiers éléments, l'un de nos collègues a mis fin à ses jours sur son lieu de travail, la seconde a laissé une lettre, communiquée par son mari, mettant en cause ses conditions de travail, des enquêtes sont en cours et doivent déterminer les faits,
  • la presse locale, professionnelle et les réseaux sociaux ont informé la profession,
  • sauf erreur de notre part, aucune communication ministérielle ou message de condoléances aux familles n'est paru.

Le syndicat CNI dénonce cette non-assistance à personnels en danger ainsi que l'abandon dont fait preuve la tutelle.
En conséquence, nous vous demandons, Madame la Ministre, dans un premier temps de sortir de votre mutisme, de garantir toute la lumière sur les circonstances qui ont concouru aux décès de nos collègues puis, dans un second temps, de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir la survenue d'autres drames.
Restant à votre disposition pour toute discussion et rencontre, nous vous prions d'agréer, Madame la Ministre, nos respectueuses salutations.
Nathalie DEPOIRE
Infirmière en deuil
Présidente du Syndicat CNI