Réforme de la profession infirmière : des avancées majeures
obtenues grâce aux amendements, mais des attentes persistantes...
L'adoption à l’unanimité de la loi sur la profession infirmière montre une reconnaissance de nos élus
par rapport à notre profession. Plusieurs des avancées font suite à des amendements adoptés en
séance.
Ces évolutions renforcent l’autonomie des infirmiers et améliorent l’accès aux soins pour les patients.
Les missions socles de la profession ont été enrichies :
La reconnaissance officielle de la consultation infirmière et du diagnostic infirmier marque une
avancée historique, permettant une prise en charge plus efficace des patients.
L’inscription dans la loi de la recherche en soins infirmiers, la formation, l’éducation à la santé
puis après amendement la conciliation médicamenteuse, et les soins relationnels montre une
reconnaissance des législateurs aux contributions essentielles que l’infirmier apporte à la prise en
charge des patients.
Le droit de prescription a également été élargi. Les infirmiers pourront prescrire certains produits de
santé et examens complémentaires après l’avis impartial de la Haute Autorité de santé (HAS).
L’expérimentation de l’accès direct aux infirmiers facilitera le parcours de soins. En effet la dernière
étude démographique de l'ordre National des Infirmiers montre que notre profession est présente sur
tous les bassins de vie français. Ce projet est donc particulièrement pertinent dans les zones
sous-dotées en professionnels de santé.
Cependant, l’élévation du diplôme d’État infirmier à quatre ans d’études a été refusée. Recommandée
par le livre blanc du CNPI, cette quatrième année rémunérée aurait permis un compagnonnage dans
le service dont la spécificité attire l’étudiant.
Cela aurait favorisé une montée en compétences progressive. Aujourd’hui, les actes infirmiers diffèrent
considérablement selon les services : urgences, gériatrie, réanimation, médecine, chirurgie. Ces
différences de spécificité exigent un savoir-faire qui ne s’acquiert pas en quelques semaines.
Le manque d’accompagnement dans cette transition est un facteur aggravant de l’hémorragie
infirmière. Preuve de ce malaise, 50 % des infirmiers quittent l’hôpital dans les 10 premières
années d’exercice. Face à cette situation alarmante, il est urgent de repenser la formation pour
assurer une meilleure adaptation aux réalités du terrain et renforcer l’attractivité du métier.
Malgré ces avancées, la mobilisation du syndicat CNI continue. Le texte doit désormais être examiné
par le Sénat, une nouvelle occasion pour les élus de reconnaître pleinement la profession
infirmière et son rôle essentiel dans le système de santé.
Christophe MESNIER
Président National du Syndicat CNI